Partager l'article ! Le sergent Gâchette ouvre le bal: "Epoque de crises", nous rabâche-t-on.   ...
"Epoque de crises", nous
rabâche-t-on.
Crise financière. Crise écologique. Crise du couple...
Possible. Pour ma part, la crise que j'observe le plus distinctement depuis mon balcon, est la crise... d'identité!
En qui, en quoi osons-nous encore croire sans avoir peur d'être ringard demain matin? En quel Dieu? quel Parti?
Aujourd'hui, 22 janvier, un nouveau président, Barack Obama, vient de prêter serment. Il semble incarner une droiture que je ne voyais plus incarnée depuis
Kennedy.
Malgré cela, je garde l'impression que nous vivons une époque sans perspective commune, et je crois que cela est dû au fait que nous avons perdu nos héros !
Ce sentiment est celui d'un enfant d'après-guerre : Ceux de ma génération ont été marqués par l'image quasi-sacrée des libérateurs américains, géants mâcheurs de
chewing-gum et nous avons grandi dans l'exaltation de l'Ouest
!

Même si je suis né après leur passage, en 1947, et que je ne les ai pas vus de mes propres yeux, ces fameux G.I's., toutes les femmes de ma famille, grand-mères incluses, leur ont voué un tel culte que
j'ai longtemps cru les avoir moi-même accueilli les bras levés, juché en culotte courtes sur la charette de foin de mon père.
C'est ainsi que nous fut communiquée, à moi, aux copains de Plumieux et à tous les gosses de France, cette inextinguible soif de héros qui caractérisait notre époque : Par le cordon
ombilical.
Pour cette raison, j'ai pensé que l'honneur d'inaugurer ce blog revenait de droit au Sergent Gâchette.

Guerre n° 2 - juin 1953.
Et le voici tel que je le rêvais enfant, crapahutant dans la lande autour de chez moi : Grenades à la
taille, mitraillette au poing et sourire aux lèvres.

Guerre n° 193 - juin 1969.
16 ans ont passé. En plein bourbier vietnamien, le regard sur la guerre a durci, le sergent a perdu toute innocence pour se rapprocher de la vision
sombre d'un Sergent Rock animé à la même époque par Joe Kubert.