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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 09:10

fric-frac-froc-bandeau.jpg

- Cet article est dédié à la mémoire de R. Goodapple, amateur maudit des séries humour des éditions ROA et qui nous a quitté le jeudi 26 août 2010 - 

 

 

 

Si vous avez lu ne serait-ce qu'une fois, le bandeau qui orne le haut de ce blog (et à partir duquel vous pouvez à tout moment revenir à la dernière chronique en date en un simple clic), vous aurez sans doute repéré la mention "Humour", petit Poucet sagement rangé à côté de ses 5 frères plus voyants. Quid de l'humour dans les éditions ROA ?

La réponse aujourd'hui.

 

 

Pour les fans de Funk, FFF est le nom de la Fédération Française de Funk, qui comptait parmi les plus péchus des groupes français des années 80-90. Pour les fans du ballon rond, c'est la Fédération Française de Football. (Et pour les fans de ballon carré, ça doit vouloir dire "Flûte, Fa Fait mal !")

 

Aux éditions ROA (Et donc pour moi en tant qu'actionnaire de coeur), FFF désigne Fric-Frac-Froc, une série humoristique dans la veine humoristique cartoon des Pim Pam Poum, Riri Fifi Loulou, Fox & Crow, Piko (Woody Woodpecker) parmi mille autres.

 

La série signée "Ellel", et dont les couvertures à la gouache sont de Michel Jens (aucun lien avec l'auteur-éditeur des éditions Mosquito, puisqu'il me l'a confirmé lui-même), proposent les aventures de 3 chatons espiègles qui se jouent éternellement de Louarn le renard (Louarn veut dire Goupil en breton - comme chacun sait). Ce nom de Louarn est l'une des rares marques bretonnes remarquables dans l'histoire des éditions.

 

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Couverture de "Fric Frac Froc" n° 8 - décembre 1961

  

Créée et signée John King au scénario, il y a eu 176 numéros de la série Fric-Frac-Froc de mai 1961à  décembre 1975, plus quelques numéros spéciaux. Autour des histoires (publiées une double-page sur deux en bichromie - comme Tartine), on trouvait des pages magazines en couleurs présentant des activités manuelles, des fiches d'animaux, de personnages célèbres, ou des héros ROA. Ces pages assuraient les 10 % de contenu culturel obligatoire qui devaient figurer pour les publications en kiosque destinées à la jeunesse.

 

Fric Frac Froc restera pour les collectionneurs comme le magazine où paraissaient en back-up (séries de complément), des récits fantastiques achetées à la fameuse maison anglaise Fleetway, et dont certaines auraient même été dessinées par Hugo Pratt et Battaglia. D'autres séries humoristiques "Made in ROA" y figuraient, comme les aventures de l'aviateur "Bill Bao", les savants fous jumeaux "Matt & Matic" ou la série policière au dessin très Jacovitti du début "Le Chien du Curé". A propos de cette dernière série particulièrement réussie (un chien résoud la nuit des énigmes policières dans un village anglais grâce à son flair infaillible), on peut imaginer qu'elle aura inspiré Joann Sfar et son "Chat du Rabbin".

 

 

Le Saviez-vous ?

 

Le célèbre "Paul le Poulpe" qui a tant fait se gausser les sceptiques et stresser les crédules lors de la dernière coupe du monde de Football trouve son origine...  dans les aventures de Fric Frac Froc, comme le prouve l'extrait ci-dessous :

strip-Fric-frac-froc.jpg

 

Extrait de l'épisode 35 : "Au royaume des aveugles, le mage est roi" .

 

 

Les magazines Humour étant limités dans le catalogue ROA, je vous invite à vous perdre dans le blog de Fabrice Castanet, largement dédié à ce type de revues jeunesse aux trésors considérables.

 

 

En vous remerciant, je vous dis à vendredi.

 

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Published by Alain Chevrel - dans HUMOUR (Fric-Frac-Froc...)
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 07:06

fakirDotki-bandeau-copie-1.jpg

 

Voilà les redoutables paroles afichées en tête de chaque couverture de cette non moins redoutable série, avertissement funeste invitant les plus faibles à tourner les talons, tandis que la silhouette mystérieuse du Fakir maléfique, plantée sur le seuil étrange de son cabinet ésotérique, invite les plus téméraires à y pénétrer.

Cette série de 3 petits numéros m'a vraiment fichu la trouille. J'en montrerai les 3 couvertures d'un coup aujourd'hui, et n'en parlerai plus après ça.

 

 

74 chroniques !

 

Voilà le temps qu'il m'aura fallu prendre pour avoir le courage de traiter le cas de cette série aux relents de souffre, et aux vapeurs vénéneuses. Je dis bien traiter, car Fakir DOTKI est une maladie, une obsession venimeuse que je porte dans mon corps comme un mal chronique depuis le printemps de mes sept ans, âge où mon grand-père m'a offert le premier opus des aventures de l'Apprenti du Diable.

 

 

Fait suffisamment exceptionnel pour y déceler une crainte toute particulière de ma part, de l'ordre de la peur superstitieuse, j'ai signé d'une main tremblante quand j'étais enfant chaque couverture de cette courte série en ma possession (qui ne comptera que 3 numéros). Sans doute y ai-je alors vu un moyen de protection dérisoire, exorcisme désuet censé me protéger de l'influence reptilienne des dessins de Sécaud, et des sortilèges écrits par l'inspiration d'un John King (lui-même inconsciemment influencé par quelque démon oriental oublié).

 

Mon propre grand-père, fermier de Sologne (pays sorcier) avait dû lui aussi connaître quelques-unes de ces fameuses peurs paysannes chères à l'écrivain Claude Seignolle, et qui poussaient encore les anciens du temps de sa jeunesse à clouer les chouettes aux portes des granges et à enfoncer des aiguilles dans les yeux encore bien vifs des pies capturées, oiseaux alors reconnus comme les responsables du calvaire du Christ.

 

couv-Fakir-Dotki

 Numéro 1 de mars 1954. En mai de la même année, le troisième numéro clora la série.

 

 

Aujourd'hui, à l'âge respectable de 63 ans je dois avouer que j'ose à peine ouvrir cette revue. Je peux plus difficilement la feuilleter, et encore moins la parcourir sans plisser les yeux, de crainte de recroiser le regard de quelque Méduse.

 

Sécaud, a qui l'on doit quelques-unes des plus belles couvertures des éditions ROA de l'époque (notamment celles de Panache), a dessiné 180 planches, enfermant 9 aventures sulfureuses.

John King en a bien évidemment écrit la trame et les dialogues (3 histoires de 20 pages par numéro - pour un total de 9 aventures sur l'ensemble de cette courte série).

 

couv-FakirDotki2.jpg

   Numéro 2 de avril 1954.

 

Détail remarquable (et donc à verser au troublant dossier de ce titre ROA décidément pas comme les autres), la diffusion même de Fakir DOTKI ne s'est semble-t-il faite ni en Belgique, en Suisse ni au Canada, alors que c'était le cas de toutes les autres séries de l'époque. En revanche, on note la diffusion du Fakir DOTKI à Monaco (!), en Turquie et au Maroc. Que les histoires occultes qui ne sont pas sans évoquer celles du tandem Stan Lee/Steve Ditko (dont le nom même du fakir est d'ailleurs un annagramme) aient trouvé un public plus évident en des terres à la croisée des cultures et des religions comme le Maroc ou la Tunisie semble imaginable. Par contre, l'évocation de Monaco est plus troublante, d'autant plus que la parité des Francs Français et des Francs Monégasques étaient alors déjà en vigueur, rendant la mention 35 F = 35 MCF bien inutile ! Y-avait-il présupposément plus de gens intéressés du commerce avec le Diable sur le Rocher Princier ? Y-a-t-il eu alors un accord passé ou pari secret relevant du private-joke ?

 

 

Voilà un des petits mystères à créditer au titre...

 

couv-FakirDotki3.jpg 

  Numéro 3 de mai 1954.

 

  Thématique étrange, et raison pour laquelle j'ai mis ici les trois seules couvertures de ce qui restera comme la plus courte série des éditions, les 3 images semblent former un inquiétant tableau, comic strip en trois parties :

 

1 - Un personnage aux traits dissimulés nous attend sur le seuil d'une porte étrange.

 

2 - Bien que le chapeau ne soit plus là, l'imper et la porte sont bien les mêmes, tandis que l'on s'est approché, et que le regard violacé du Fakir Maudit nous hypnotise.

 

3 - Nous voilà à l'intérieur du cabinet, bien que les montants verticaux de la porte semble encore encadrer à gauche et à droite la scène inquiétante à laquelle Fakir Dotki nous invite à assister, semble indiquer le contraire. Sommes-nous sur le seuil, où à l'intérieur ? La forme en ogive de la porte derrière le personnage assis (différent de celle vue précédemment ), semble indiquer que nous sommes toujours à l'extérieur.

 

Comme un sortilège brisé juste avant le point de non-retour, l'absence de quatrième couverture ne permettra pas de confirmer l'inquiétante théorie.

 

 

Inutile de m'en redemander des planches ou autres analyses, je ne parlerai plus de DOTKI.

 

 

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 08:12

courrier-bandeau

 

 

Une fois encore, je vais faire mon fainéant et laisser la parole à un habitué du blog : Zaïtchick.

Non content de compléter mes infos, et de me soumettre des idées de sujets pour remplir ce blog... voilà-t-y pas que ce spécialiste des illustrés et comics qui officie sur de nombreux forums (je sais : au pluriel on est censé dire fora, mais je trouve ça snob) rédige et illustre des articles prêt à mettre en ligne tout seul ! J'en veux pour preuve le traitement de la série publiées chez nos chères éditions ROA : FERNAND.

 

Et puisqu'il en parle très bien tout seul, je lui laisse la parole.  

 

 

"Trouvé chez un bouquiniste le rarissime n°1 de Fernand.

 

Inspiré certainement de l'anglais Archie, plus vieux de quelques mois (ce qui montre à quel point J. King était à l'affut des nouveautés), FERNAND préfigure les Iron-Man et autres héros cybernétiques. Bizarrement, il n'eut pas trop à subir les foudres de la censure.



L'histoire : le professeur Laisné est veuf. Son épouse, mère de deux enfants en bas âge, a été tuée par un chauffard. Fait troublant, le corps disparaît de la morgue avant qu'il ait pu lui rendre un dernier hommage. Il se réfugie dans ses recherches et travaille sur la mise au point de FERNAND, le premier robot autonome, fonctionnant grâce à un carburant révolutionnaire.



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  Couverture du n° 1 de Fernand (juillet 1952) - collection privée - et scan - © 2010 - Zaïtchick

 

 

Un soir, accablé de fatigue, il s'endort. Il est réveillé par une étrange lueur bleue. Il sort de chez lui et croit entendre la voix de son épouse. Les enfants, Jack et Jane (l'aînée) (NDA : "l'aînée Laisné", donc. Ca va c'est bon, je me tais!) sont réveillés à leur tour tandis que FERNAND s'anime. Dehors, la lumière a disparu. Laissant seuls les enfants avec leur héritage : FERNAND.

 

Cet héritage, leur cousin Félix entend bien les en dépouiller, car il veut vendre le secret du carburant au plus offrant. Mais FERNAND, programmé à partir du schéma cérébral de son créateur les protège. Il n'obéit qu'aux ordres de Jack et Jane grâce à un émetteur de poignet. Les enfants vont se mettre à la recherche de leur père.

 

Sympathique série qui a duré plus de cent numéros. "

 

 

Et voilà : Net, concis, précis. Y'a pas à dire : quand c'est pas moi qui cause... c'est moins bavard. J'en prends de la graine pour la semaine prochaine.

Encore merci à Zaïtchick.

 

A vendredi.

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans ULTRA-HEROS (Cosmicman...)
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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 00:00

Guerre-bandeau-copie-1.jpg

 

Une floppée d'anniversaires en effet : Après les 70 ans de l'appel du Général de Gaulle évoqué ici il y a tout pile 3 semaines, c'est aussi le 29 mai dernier que Clint Eastwood, dernier héros du cinoche encore en vie (avec quand même Kirk Douglas - 93 ans à la fraise), a soufflé d'un coup de 44 Magnum, 80 bougies alignées dans l'allée centrale de Carmel sous les Hourrah de la foule en liesse.

Par ailleurs, le dessinateur de bande dessinée Erwan Le Saëc fêtait quant à lui ses 50 bougies le 1er juillet de cette année.

 

Il se trouve que j'ai en ma possession, Ô hasard facétieux, un numéro de GUERRE sorti le 1er juillet 1960, jour précis où le dessinateur de la série Mafia Story (Delcourt) poussait son premier grognement contre la société.

  

Et là, vous allez constater comme le hasard commence sérieusement à frôler la folie : La figure hyper-réaliste représentée sous le casque maltraité du Sergent Gâchette ressemble furieusement à un jeune acteur tout juste trentenaire, et qui ne tournait alors que dans la série télévisée Western en noir et blanc uniquement diffusée aux States "RAWHIDE" : J'ai nommé Clint Eastwood !

 

Le hasard revient alors une ultime fois dans une folle danse, toute faites de pas-chassés et un peu en mouvements saccadés des épaules, pour nous refaire un ultime coup du sort : La dite couverture est signée d'un certain E. Le SAËC !

 

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 Si vous lisez à haute voix, inspirez un grand coup : La phrase suivante va être longue :

C'est si fou que j'en suis venu à me demander si je n'avais pas trouvé malgré moi l'origine d'un pseudonyme de dessinateur, que je connais pourtant personnellement depuis fort longtemps, et dont je n'ai même jamais envisagé que le patronyme pût être un clin d'oeil au peintre oublié d'une couv de Petit Format des éditions ROA et paru le jour même où il est né !

 

Le fait qu'il soit lui-même amateur de Petits Formats (jetez un oeil à son blog : un album est dédié à ses plus belles couves), et collectionneur d'originaux d'Elvifrance accrédite ma thèse en ce sens.

 

Un jour, il me faudra bien tirer tout cela au clair, foi d'Alain Chevrel...

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans GUERRE (Sgt Gâchette)
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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 08:09

  Robina-bandeau.jpg

 

A part les plus jeunes d'entre vous à qui ce prénom évoquera au mieux le tube grivois des Nantais d'Elmer Food Beat, Daniela est surtout côté musique connu comme le grand succès du pionnier des groupes de rock français "Les Chaussettes Noires", avec à sa tête, un jeune chanteur du nom d'Eddy Mitchell.

 

Mais saviez-vous que la fameuse Daniela lui a été inspirée par le nom d'une héroïne de John King ?

 

 

En effet, le présentateur intarissable de "la Dernière Séance" et bédéphile notoire qui se faisait alors encore appeler Claude Moine confirmera dans une interview pour le fanzine "'Héros ! " n° 5 (mai 1971) que la chanson lui a été inspirée en 1962, par l'héroïne sexy des éditions ROA !

Pour la petite histoire, le titre Daniela propulsera le groupe en tête des charts avec plus de 800 000 exemplaires vendus !

 

Suivant la vague des Robin Hood au cinéma (Douglas Fairbanks, Errol Flynn, puis Sean Connery jusqu'au très récent Russel Crowe) le personnage connut également son lot d'incarnations dans les comics (Green Arrow chez DC, Hawkeye - Oeil de Faucon - chez Marvel et l'Archer Blanc par J.Y. Mitton et Corteggiani) ainsi que d'avatars du petit format (Oliver, Creek, Robin des Bois - le nom étant dans le domaine public ce qu est plutôt normal pour un héros socialiste !)

 

Et si le cinéma s'est récemment fendu d'une version avec dans le rôle titre... la propre fille de l'archer vengeur jouée par Keira Knightley 'La Princesse des Voleurs", c'est sur une thématique toute proche que se pose Daniela "La Fille de la Flèche Masquée".

 

couv-daniela--.jpg 

  Couverture du numéro 1 de mars 1956

 

Aristocrate gâtée, Daniela de L'Oréal (!) apprend le jour de ses 16 ans de la bouche de sa mère, Duchesse du même nom, que son véritrable père n'était autre qu'un petit noble de province éconduit et dont elle était follement émoureuse.

Mais les convenances dûes au rang leur ont interdit de vivre cet amour au grand jour.

De dépit, le jeune homme a lutté valeureusement jusqu'à la mort pour l'égalité et la justice sous le nom de " Flèche Masquée", fameux chef d'une bande de fermiers rebelles, bandits aux grands coeur.

 

 

Dans le même temps où Daniela apprend la vérité sur ses propres origines, on veut la forcer à se marier avec son cousin, Charles de Hettford, être vil autant que lâche. La jeune femme refuse, et sa propre mère prend son parti, tant et si bien qu'elle meure accidentellement embrochée sur une tringle à rideau. Anéantie, Daniela préfèrera déserter ses terres et son bien, pour prolonger le combat de son père. Elle reprendra ses couleurs, son arc, et ses hommes "Les Renards du Berry".

 

Mais dans sa lutte pour ramener l'ordre et l'autorité, le tyran baronnet, père de Charles de Hattford engage George, un mercenaire ténébreux, qu'il charge d'arrêter la rebelle. Après avoir capturé ce dernier, Daniela et lui  tomberont éperdument amoureux.

Afin de mieux lutter contre le régime, George (nouvellement acquis en secret à la cause rebelle) convaincra même Daniela de revenir au château, prétendre qu'elle a été mariée de force à l'un des hommes de "La flèche Masquée", et évitant ainsi un réel mariage forcé. Ainsi, sur le modèle de Zorro, Spider-man (ou le dessin animé japonais Cat's Eye), le lecteur connaît l'identité secrète d'un héros masqué, réfugié lui-même au coeur du camp ennemi sous son identité civile.

 

186 numéros durant, les forêts ensorcelées du Centre de la France chères à Claude Seignolle résonneront à nouveau des hauts-faits de "La Flèche Masquée", emmenée cette fois par Daniela et ses hommes !

 

 

Oh Daniela la vie n'est qu'un jeu pour toi

Oh Daniela pourtant ne croit pas

Que tu peux oh Daniela jouer avec l'amour

Sans risquer de te brûler un jour  (air connu).

 

 

 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 08:05

monstres-bandeau.jpg

 

 

Pour le 70 ème article de ce blog, je vous présente une nouvelle série.

 

 Mi-Morlocks tels que les a décrit H.G. Wells dans "La Machine à remonter le Temps" , mi Freaks à la Todd Browning, monstres humains de foire, les Monstrés sont la lie rejetée par l'humanité.

 

"Ils sont un dans la douleur du rejet.

Ils sont un dans la souffrance de la solitude.

 

Ce sont les monstres que l'on regarde en se cachant. Ce sont les monstres que l'enfant pointe du doigt en criant quand sa mère lui cache les yeux:

 

       Les Monstrés !"

 

 

Signée John King, cette série ne montrait pas de personnages récurrents, mais comme pour les titres Saloon et Indiens, il dépeignait sous cette appellation générale les victimes de toutes les tares humaines, et la vengeance qui ne manquait jamais de frapper leur tortionnaire.

 

"Les Monstrés" s'inscrit dans la grande tradition initiée par les E.C. Comics dans les années 50 (Tales From the Crypt, The Vault of Horror, The Haunt Of Fear, Shock Suspenstories, Two Fisted-Tales), puis reprise dans les années 60 par les non moins légendaires magazines Warren (Creepy, Eerie et Vampirella).

 

  

couv-Monstres.jpg

  Cette bande dessinée des éditions ROA genre horrifique pocket made in France connut donc ses heures de gloire dans les années 70 avec ce titre aujourd'hui très largement oublié des guides de cotation type BDM.

 

Chaque titre se présentait de la manière suivante : un grand récit de quarante pages (exclusivement scénarisés par King et illustrés par des auteurs tournants), reprenait ce titre de "Monstrés", comme une sinistre Comédie Humaine axée sur le macabre. Le reste du journal était invariablement rempli d'histoires courtes à caractère fantastique ou gentiment horrible, sur le modèle américain des délicieuses histoires courtes signées Ditko ou Kirby, et qui complétaient si bien nos Arédit Super-héros !

 

                      * * * * * * * * * *

L'histoire du numéro 4 présenté ci-dessus "La Colline aux Mille Morts" est la première que j'ai lue.

 

De construction très classique, mais efficace, King nous y raconte l'histoire de Lord Philipp Cordier un Lord Ecossais (d'origine Française ?) qui, après avoir affamé ses gens en leur vendant au prix fort une farine contaminée par un champignon mortel, il se voit assiégé la pleine lune suivante par une armée de morts revanchards, tous droit sortis du cimetierre/fosse commune érigé en hâte sur la montagne voisine.

La dernière image nous montre le malheureux comte cuire pour l'éternité dans les flammes de l'enfer... à côtés des pains qui nourriront ses victimes dans l'au-delà pour l'éternité !

 

King, qui n'avait pas la subtilité d'un Harvey Kurtzmann par exemple, utilisait sans complexe chaque cliché, ou idée reçue (ici la proverbiale avarice d'un noble Ecossais) comme prétexte de départ à une histoire macabre.

 

Le même mois, je me rappelle avoir été aller voir "Les Nuits de Dracula" de Jesus Franco, avec une fille qui avait tellement peur que nous avons dû sortir en pleine projection. Je n'en verrai la fin que bien des années plus tard.

 

La suivante, je l'ai épousé : Elle aime les films d'Epouvante !

 

- A vendredi prochain, les amis !

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 08:24

Guerre-bandeau-copie-1.jpg

 

Oh, rassurez-vous, je ne vais pas vous tenir la jambe sur le Général De Gaulle, encore moins avec de la politique : On a eu droit à beaucoup de citations, et de concours du mieux placé pour rendre hommage au sauveur de la France à l'occasion du 70 ème anniversaire de l'Appel de Londres.

 

 

Si les gros titres de ces derniers jours dans la rubrique sport ne m'ont pas rendu particulièrement fier de mon pays, c'est quand même encore une fois à la classe politique gouvernante que je décerne la palme de la tartufferie, pour ses efforts surhumains à essayer vaille que vaille d'utiliser l'échec de l'équipe de France comme moyen pour faire oublier ses propres scandales.

 

Je connais un grand à Colombey-les-Deux-Eglises qui, en entendant les frasques de ses héritiers, doit en faire des tours façon centrifugeuse.

 

couv-guerre4.jpg

 

Parlons-en quand même un peu, du Général : Juin 1960 : Il y a pile 50 ans paraissait un numéro spécial de GUERRE, où exceptionnellement, le Sergent John Gâchette nous sert de guide de l'histoire, puisqu'il nous y explique la trajectoire du Général à travers une histoire atypique (dessins magnifiques d'un Jack Lately au meilleur de sa forme).

 

S'adressant directement au lecteur, il nous raconte le Grand Charles, depuis son éducation à L'école spéciale militaire de Saint-Cyr, puis à travers les tranchées de la bataille de la Somme, la capture par l'ennemi, jusqu'à la fondation de la Ve République en 1959.

 

Avec le recul des années, on peut juger avec sévérité ces leçons d'histoire dignes de l'Oncle Paul dans le Journal de Spirou, mais avant de puiser d'autres sources, et de nuancer son jugement au clair du recul qu'offrent la maturité (Eh oui : J'ai 63 piges, les kids !), il faut d'abord apprendre et connaître.

Après seulement, on peut commencer à décrypter et faire la part des choses : Bon sang, il n'y a jamais eu autant de moyens de s'informer qu'à l'heure actuelle !

 

A l'âge de 20 ans, les événements d'Algérie et quelques autres guerres qui ne se disaient pas, m'avaient fait réfléchir.

Aujourd'hui, le souvenir du Général me reste comme une figure rassurante et trouble à la fois, comme la longue silhouette de "L'Homme qui Marche" par Giaccometti, autour de laquelle je me suis construit autant que je me suis rebellé. Une image vivante de la France, en somme.

 

Sur quelle figure nos jeunes de 20 ans vont-ils se construire demain ?

 

 

                                                                    * * * * * * * *

 

Rien à voir à présent, mais avant de vous lâcher à la plage (bandes de fripons canailloux), je voulais vous montrer un document, lettre ouverte autant que cri d'alarme aux lecteurs, et qui figuraient dans les revues ROA d'avril 1976. Les scans suivants proviennent de KRIKITU n°52 de ce même mois.

 

lettre-lecteurs1

 

 

lettre-lecteurs2.jpg

 

 

 J'ai trouvé la même démonstration, au mot près, dans des Pockets Arédit de la même période, laissant penser que les concurrents se sont alors rencontrés pour écrire ce communiqué. Quoi qu'il en soit, la situation décrite ici contribue à expliquer pas les choses, quand on sait que les Petits Formats, ROA compris, n'auront guère survécu au tournant des années 1970...

 

 

Exercice : Voyez-vous ici un rapport entre la situation décrite qui a affaibli une forme de bande dessinée en même temps que ses éditeurs, jusqu'à voir complètement disparaître celle-ci en quelques années... avec, par exemple, les très actuelles attaques répétées de Michel Edouard Leclerc contre la Loi Lang sur le prix unique du Livre ?

 

Zut : Et moi qui vous avais promis de ne pas vous tenir la jambe avec de Gaulle ou de la politique. Décidément : La sénilité guette...

 

 

A vendredi prochain les amis.

 

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Published by Alain Chevrel - dans GUERRE (Sgt Gâchette)
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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 07:30

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Soro Solo et Vladimir Cagnolari me pardonneront de leur emprunter le temps d'une chronique, le titre de l'excellente émission entièrement dédiée au continent noir qu'ils animent sur France Inter, mais Coupe du Monde oblige, je me devais de consacrer au moins une chronique à l'Afrique dans ce blog, et quel meillleur titre ?

 

Savez-vous ce qu'est une vuvuzela ? Oui ? Depuis le début de cette Coupe du Monde, toute la planète connaît désormais la corne d'environ un mètre de long, utilisée par les supporters de football dans les stades d'Afrique du Sud et le son monocorde évoquant celui d'une corne de brume qui la caractérise ! A peine découvrons-nous la joie festive qui soulève l'Afrique du Sud que déjà nos oreilles sifflent du vacarme qui, paraît-il à l'intérieur d'un stade, est in-sup-por-table !

Les plaintes de joueurs et de spectateurs à son sujet se multiplient à mesure que naissent les pétitions pour l'interdire.

 

 

couv-drakkar7--copie-1.jpg 

 

Lors de son épopée pirate en Afrique, notre ami Günnar le barbare avait vanté bien avant la mode, les mérites de la vuvuzela (couverture ci-dessus), comme une star de cinéma fait aujourd'hui d'une coutume exotique adoptée le temps d'un week-end, la tendance branchée des six mois suivants du tout Hollywood.

 

Observez comme les joues gonflées du viking, alors en exil, évoquent celles de Dizzie Gillespie ou du grand Miles ! Günnar est jazz! Günnar est un champion de l'Afrique comme le seront plus tard Mohammed Ali, James Brown ou Fela Kuti.

La preuve ? Jetez un oeil ci-dessous (merci à Pierre Mendy qui a pris cette photo chez ses parents).

 

drakkar-dakar.jpg

 

Mais quel rapport entre le jazz et la Coupe du Monde, me direz-vous ? Quel rapport entre la "musique des nègres" qui a déferlé depuis les champs de coton de Louisiane puis des caves du Paris d'après-guerre ... et la ferveur brute d'un continent fier de s'exprimer bruyamment devant le monde entier qui pour une fois, à les yeux braqués sur la fête, et pas sur les guerres civiles et la misère?   TOUT, mes amis... TOUT !

 

J'ai entendu André Chéret, dessinateur de Rahan raconter l'anecdote suivante : Lors d'un festival de bande dessinée au Sénégal, le chauffeur de taxi qui les amenait sa femme et lui depuis l'aéroport à l'endroit où se passait l'événement, lui a demandé ce qu'il faisait comme dessin. Et quand Chéret a prononcé le nom magique "RAHAN", le chauffeur a littéralement explosé de joie :

 

    -" Rahan... C'est nous, Rahan ! Rahan, c'est le héros, c'est l'Afrique !"

 

 Allez-y, vérifiez par vous-mêmes sur la couverture de vos albums Bimestriels des années 70 "RAHAN" : Il y a le bien prix en Francs... mais aussi en "Francs CFA" ! Et c'est ainsi qu'à un andré Chéret dubitatif, (mais très heureux de la renommée insoupçonnée de son héros blond en Afrique), le chauffeur enthousiste lui a expliqué comment lui et ses copains s'identifiaient au fils de Crao dans leurs jeux d'enfants. Surprenant, non ?

On nous a habitués à penser que les noirs, à plus forte raison d'Afrique, avaient forcément des héros noirs, de préférence ceux qu'on avait spécifiquement construit pour eux : Power-Man, Oeil de Faucon, Shaft, Blacula... Mais RAHAN ! Le blond RAHAN !

Ca ne surprendra pourtant personne d'entendre un blanc dire que son idole s'appelle Bob Marley, Mickael Jackson ou Bruce Lee !

 

A propos de ce dernier, saviez-vous que lors de l'inauguration du nouveau pont de Mostar, celui-là même qui avait été détruit pendant la guerre en ex-Yougoslavie, la seule personnalité autour de laquelle les bosniaques musulmans de l'Est et les Croates catholiques de l'Ouest ont su faire l'unanimité pour lui ériger une statue... est le Petit Dragon de Hong-Kong : Bruce Lee ! Ils ont expliqué qu'il est pour tous le symbole de la justice, qui combat l'opresseur armés de ses seuls poings nus, sans fusil ni tank.

 

Pas mal, non ?

 

couv-Tamulah3

 

Au dos du même numéro de DRAKKAR, on découvre à la fois la pub pour le très blanc TAMULAH défendant son ami noir face à des gorilles menaçants.

Sur le côté (verticalement), on déchiffre des tarifications étrangères comprenant l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, les Antilles, Thaïti, Haïti et un tarif "CFA" (monnaie encore en vigueur dans les pays qui constituent l'ancienne Afrique coloniale). Drakkar, Colt, Tamulah, Zanthar y étaient donc à la fois lus et appréciés  ! Et pourtant : Pas un héros noir aux éditions ROA (Peut-être le fameux SURVIVANT que les lecteurs n'auront jamais connu aurait été noir, justifiant les déclarations d'intentions de King de faire "différent" - Nous ne saurons jamais !).

 

- On est loin des clichés de notre temps, vous ne trouvez pas? Ceux-là même qui atteignent aujourd'hui la BD, poussés par les bien-pensants qui verraient bien "Tintin au Congo" retiré des rayons des bibliothèques et librairies (une introduction serait en revanche bienvenue), ceux qui applaudissent la glorification systématique de chaque "minorité", et à en taxer chaque travers prêté à un représentant comme l'aveu d'un trait de racisme sur l'ensemble du groupe qu'il représente. La définition même du racisme, en somme... Moi qui suis Breton, je peux vous confirmer qu'il n' y a pas moins de cons parmi nous que la moyenne nationale.

 

Je me suis choisi mes héros tout seul comme un grand : On ne m'a imposé aucun footballeur, aucun chanteur, aucun acteur ni héros de BD. Le public parle de lui-même : Il choisit ses modèles comme il lui sont inspirés, et leur dit son amour sans mot d'ordre.

 

Alors quand la foule aime et qu'elle a une vuvuzela dans la bouche, les pisse-froid se bouchent les oreilles !

 

 

 A vendredi !

 

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Published by Alain Chevrel - dans VIKING (Drakkar)
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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 12:22

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Oui, un peu de lecture, que Diable ! Je vais tâcher d'être moins bavard cette semaine, puisque je vous poste une nouvelle fantastique de cinq pages !

 

Nous avons déjà sommairement évoqué ici ces fameuses pages magazines qui polluaient dix pour cent de la pagination de nos chères BD (conformément à une obligation de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse) avec des nouvelles, des jeux ou des pages cultures.

Ainsi, Strange, Akim, King-Cobra, Tex et mille autres revues ont en commun d'avoir fait payer à leurs lecteurs un dixième de leurs pages pour accueillir des sujets dont ils n'avaient très largement que bien peu à carrer (pardonnez le langage fleuri), comme un temps de parole obligatoire de l'opposition, parti des emmerdeurs et empêcheurs de rêver en rond.

 

Une fois encore, ce sont les éditions ROA qui se sont distingués du lot, en proposant des nouvelles fantastiques plutôt sympathiques, souvent osées, et au ton étonnement cru.

 

J'en veux pour preuve la nouvelle suivante "Tous Poils Dehors", paraphée "C.S." (Initiales énigmatiques derrière lesquelles je crois reconnaître les thématiques folkloriques et diaboliques du maître Claude Seignolle), et parue dans Brume numéro 50 de novembre 1962. Je me souviens l'avoir lue à quinze piges dans le train qui me ramenait de Morlaix. Et je peux vous dire que seule la lecture complète des bandes dessinées contenues dans ce numéro m'ont poussé en désespoir de cause à la lire. J'aurai perdu beaucoup à ne pas le faire ! Cela me poussera à collectionner et dévorer les romans fantastiques des éditions Marabout (Jean Ray, Thomas Owen, Maturin, Stocker, Seignolle, Ponson du Terrail...) qui commençaient à fleurir en ce temps là.

 

Mais j'ai promis de faire court, alors je vous laisse lire : C'est pas du Paul Valéry, il y a même des fautes... mais c'est bon quand même !

 

tous-poils1

 

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touspoils5-copie-1.jpg

  

Pas mal, non ? Les dessins - non signés - ont un vague petit quelque chose de Bernie Wrightson et René Hausman. Heureux mélange pour une histoire de loup-garou...

 

A vendredi.

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Published by Alain Chevrel - dans MYSTERE (Duc de Brume)
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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:37

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Merci à Jean-Claude Bourret qui m'a envoyé la couverture de la semaine, et qui vient de sa propre collection de bandes dessinées traitant d'apparitions d'ovnis : Le numéro 1 du "Survivant" !

 

Mes enfants, nous sommes gâtés !

 

 

couv-Survivant4.jpg

 

Du point de vue du style (sans doute d'après photo), on notera à la fois la double incrustation du logo ROA, en médaillon en bas à droite, et coupé en deux derrièrre un poteau indicateur sur la bâche d'un camion. Le rythme de parution "mensuel" est lui aussi incrusté dans le dessin, à la manière d'Eisner et ses fameuses "Splash Pages" du Spirit.

Alors fier de son nouveau bébé, John King y laissera sa signature en médaillon, comme à la grande époque 20 ans plus tôt de la sortie de ses plus grandes séries.

 

C'est tout pour cette semaine, à vendredi !

 

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans ANTICIPATION (Le Survivant)
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Qui Suis-Je ?

  • Alain Chevrel
  • né en 1947 (début officiel de la guerre froide, et de la fameuse affaire Roswell), je suis un enfant de l'histoire et de l'imaginaire.
  • né en 1947 (début officiel de la guerre froide, et de la fameuse affaire Roswell), je suis un enfant de l'histoire et de l'imaginaire.

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