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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 08:31

courrier-bandeau

 

Merci à Zaïtchick, qui m'a envoyé cet axe de lecture intéressant du travail de John King. Du coup, je mets mon bob, chausse mes lunettes de soleil, embarque ma femme et mes BD pour partir en week-end dès ce matin.

Je lui laisse les clés de la boutique pour cette semaine, et vous laisse donc en de bonnes mains :

A vous aussi, ça fera des vacances !

  

  P.S. : Comme je ne suis pas fainéant pour autant, la couv de la semaine se trouve à la fin de l'article, c'est le numéro 10 du bimestriel "INDIENS", qui présentait un récit de King où une météorite semait d'étranges pouvoirs chez les papooses d'un village cheyenne...

 

 

"Ce qu'il y a d'intéressant avec John King, c'est sa façon de relier entre elles la trame de ses récits autour de quelques thèmes récurrents, par exemple, les pierres magiques, les cultes paîens et les déités cosmiques.

Ainsi, dans les pages de  Duc de Brume (n°21, juillet 1959) et de Drakkar (n°226, mai 1972) apparaît la même pierre précieuse au potentiel maléfique connue sous le nom de l'OEil de Janpuur.
(Je reproduis les documents des éditions Roa avec l'aimable autorisation d'Alain Chevrel

 

strip-Brume--.jpg   strip-Gunnar.jpg

couv-cosmicman2.jpg

 

 

  

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis le « culte immonde » (ainsi que le nomme Cosmic Man) réapparait notamment dans les pages de Drakkar n°93, avril 1961...

 

 couv-drakkar3.jpg    gunnar-meteorite.jpg

  Ci-dessus, Günnar face à l'incarnation de Sobek ( © collection privée Zaïtchick).

Et à diverses reprises dans d'autres titres...

Le fil rouge ? La quête de l'OEil de Janpuur ! Or le culte du Dieu Vorace * (ainsi que le nomme Günnar) rivalise avec un autre ordre, celui de la Loge Pourpre qui vénère un autre Dieu païen récurrent dans l'œuvre de King, le Kraken !

couv-gorak2.jpg   couv-skull3d-cal-.jpg
 La spectaculaire apparition du Kraken dans les pages de Gorak (n°50, aout 1957), et une nouvelle version dans les pages de Skull (n°47, novembre 1957). On notera que l'entité, certainement inspirée du fameux démon Cthulhu, n'était pas encore bien définie.



On reverra a plusieurs reprises cette créature au fil des pages des éditions Roa, ainsi que la Loge Pourpre et son inquiétant Grand Maître, Marshall Patrix, adversaire intime du Duc de Brume...

patrix.jpg

( © collection privée Zaïtchick).
Ci-dessus, Marshall Patrix dans Duc de Brume n°22, août 1959 (dessin de Marcel Pitrac)

Il y a donc des thèmes récurrents chez King qui se retrouvent au gré de ses séries... Et parfois de façon inattendue ! Ainsi, dans les pages d'Elise (n°1, décembre 1965) la jeune héroïne reçoit en cadeau de son amoureux un pendentif, une émeraude dans laquelle on reconnaît... l'Oeil de Janpuur !
elise.jpg  couv-Elise2
( © collection privée Zaïtchick).

Fulchibardesque, non ? ^^

* A propos de ce surnom, l'éditeur aurait suggéré à King de rebaptiser le Dieu crocodile « Sobek le Gras » (sic !) pour lui donner une dimension co(s)mique. King aurait coupé court en laissant tomber un catégorique « je ne suis pas d'ac ! »


Or, dans Zantar n°2, février 1953, on assiste à l'arrivée d'un étrange météore sur Terre...

zanthar-meteorite--.jpg

( © collection privée Zaïtchick).

C'est la fameuse PIERRE DE FULCHIBAR dont les éclats donneront  l'OEil de Janpuur mais aussi LOEil de Zoltec chez IPC (1963)... Et la Gemme d'infinité chez Marvel (1972) !
Il semble en effet que John King ait inspiré les scénaristes anglo-saxons qui lui ont emprunté un de ses thèmes de prédilection avant de le développer à leur tour.

La possession de la pierre devient un enjeu pour deux sectes – et deux entités – récurrentes dans l'œuvre de John King : la secte de Sobek et le Kraken !

Dès janvier 1946, dans le numéro 10 de Cosmic Man, apparaît le culte de Sobek, le dieu reptilien. (Sans doute créé pour changer un peu des habituels espions, gangsters et autres voleurs de tableaux qui sont le lot quotidien du supra-héros)...

 

couv-indiens3.jpg

A vendredi prochain !  

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans Courrier (Prof Zaïtchick)
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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:04

Cosmicman-bandeau.jpg

 

 

"Cinq tableaux de maîtres ont été volés dans la nuit de mercredi à hier au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Le préjudice est estimé par la mairie de Paris à une centaine de millions d'euros."

"Des oeuvres des peintres Pablo Picasso (Pigeon aux petits pois), Henri Matisse (La pastorale), Georges Braque (L'olivier près de l'Estaque), Fernand Léger (Nature morte, chandeliers) et Amedeo Modigliani (La femme à l'éventail) ont été dérobées (...)"
 
Aaah ! Voilà un début d'article de journal qui me plaît bien.
Attention, hein : Je ne suis absolument pas en train de me réjouir d'un vol de tableaux, que nenni ! Mais je ne peux m'empêcher de penser (vous avez déjà essayé, de vous "empêcher de penser" ? C'est dur.) en lisant ce titre, qu'en cette période si compliquée de crise grecque, européenne, du système libéral voire de tout autre système de valeur, qu'il est de plus en plus compliqué de savoir où sont les bons et les méchants.
 
Je radote, je disais déjà à peu près la même chose dans le tout premier billet de ce blog. L'âge sans doute.
 
Tenez, les Grecs, par exemple : Est-ce qu'ils sont vraiment fainéants (Aaah, l'indolence méditerranéenne !) ? Sont-ce les marchés de spéculation qui exploitent une faille de notre mécanisme d'admission dans la CE pour torpiller l'Union, et qui rigolent aujourd'hui de voir notre belle entente voler en éclat et se désolidariser dès qu'un petit frère est dans la panade ?  Un peu des deux ?
- Comment se faire une idée quand comme moi, on n'a pas de diplôme ?
 
Ce matin sur France Inter, un des deux invités politiques était Philippe Manière, économiste libéral (c'est lui qui le dit). Concernant les dernières crises qui agitent la planète ces dernières années (crise des sub-primes, de l'Europe ou écoloscepticisme), il est formel (les experts se reconnaissent en ce qu'ils sont toujours formels). Il tire comme conclusion, non pas qu'il y aurait un excès de marché... Tout au plus peut-être parfois de "mauvaises applications" des lois du libéralisme. Ah bon. Ben peut-être. C'est lui qui a les diplômes après tout. Et puis il ne faut pas caricaturer des propos. Il ne faut pas les sortir du contexte. Citer des chiffres. Des faits...
 
Vraiment, je ne suis pas de taille. Dommage, parce que si jamais les diplomés gominés à la Marc Touati se fichaient de nous... S'ils étaient véritablement formés à défendre leur bout de gras pour nous faire avaler le moment venu que nous aussi, nous devrons resserrer notre ceinture de 14 crans sur 15, parce que nous serions aussi des fainéants... A ce moment là, j'aimerais croire que c'est légitime. Mais si je vis ça comme une injustice, que les causes de cette rigueur seraient toutes autres... Alors là... Mais je m'égare : je n'ai pas de diplôme, alors je ne peux pas développer de pensée.
 
couv-Cosmicman4
"Cosmicman et les voleurs du Louvre" - (1965) - King & Guennec
 
   C'est pour ça que ce vol de tableau au casting impeccable me plaît autant :
 
Des voleurs (on les imagine en imper, un borsalino sur la tête et des Browning chargés), des tableaux de peintres fameux (Picasso, Matisse, Braque, Léger), une somme ronde (100 millions), et le tout à Paris (on verrait la tour Eiffel depuis la rue du vol).
 
- C'est le fait divers typique sur lequel interviendraient ces super héros de petits formats, ceux qui évoluent dans un univers où ils sont tous seuls à être costumés (Captain Hornet, King Cobra, Nick Jolly, L'Homme Léopard, Tenax, Fantax...).
 
Parce que vous imaginez, vous, un super-héros qui interviendrait aux îles Caïman "Cosmicman versus Doc Crocodile" ou "Zaïtchick contre les requins de la finance"... Ca aurait une autre gueule, non ?
Et puis il y aurait Frédéric Lordon au scénario et Gene Colan au dessin : J'achète !
 
- Evidemment, on appellerait ça de la propagande. Ah bon. Et puis on est trop cons pour comprendre ces sujets là (y'a qu'à entendre les mots savants qu'ils utilisent !). Tant pis, alors. Sinon, y'a qui à Cannes cette année ?
 
     Des fois, ça a du bon, la propagande.
 
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Published by Alain Chevrel - dans ULTRA-HEROS (Cosmicman...)
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 20:58

Byver-bandeau

 

  J'ai publié il y a deux jours, en réaction à la mort de Frazetta, une couverture de Brume, "influencée" par Frazetta. Continuons donc sur la lancée de cette thématique "Loup-Garou/Frazetta".

 

Dans son commentaire envoyé suite à la parution de mon premier article consacré à Jacques "La Terreur des Tuniques Rouges" Byver, Zaïtchick faisait justement la remarque que le récit avait changé de ton au cours de années, pour prendre parfois un tour carrément fantastique. Il y citait pour preuve, un épisode au cours duquel Byver devait faire face à un véritable Loup-garou dans les étranges marais des Everglades, et sur fond de légendes séminoles. La bête se révélera être un jeune guerrier envouté par le shamane de cette tribu indienne autochtone (Peut-être un ancêtre du catcheur séminole PUMA NOIR qui fera trembler les cordes de tous les rings du monde dans AKIM).

 

J'ai retrouvé cet épisode ce soir-même, et en cette belle journée de mai, seule une balade au Mont-Saint-Michel avec ma femme (Je vous ai déjà parlé de ma femme ? Cent fois ? Ah bon.), m'a empêché de mettre cette chronique en ligne plus tôt dans la journée.

Et comme nous venons juste de rentrer, je vais faire court, pour une fois, et laisser la couverture (signée Sécaud), parler d'elle-même.

 

"- Oui, Bibiche... J'arrive mettre la table, ne t'inquiète pas !"

 

couv-Byver2.jpg

Vendredi prochain, sauf si je change d'avis, je vous parlerai de Cosmicman.

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans BYVER
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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 09:50

brume-bandeau.jpg

 

 

Une fois de plus, je déroge quelque peu à la règle que je m'étais fixé il y a deux mois, à savoir, de ne poster de chronique que le vendredi : Cela permet à ceux qui ne passeraient ici que très occasionellement d'être sûr de ne pas le faire pour rien en venant... mettons un samedi. Mais si je continue néanmoins à poster chaque vendredi, l'actualité des amateurs de Fantasy et d'illustration m'oblige à revenir en ces tristes jours, car oui, je suis bien triste aujourd'hui :

 

                  Le roi Frazetta est mort !

 

Mille fois copié, son influence influencera les plus grands : Jeff Jones, Wrightson, Corben, Neal Adams, John Howe... Pour les Français, Loisel, Wendling, Springer, Vatine ou encore Stan et Vince se réclameront de son empreinte dans leur travail. Eastwood, Milius, Peter Jackson, Tarantino, Schwarzie, Stallone, Del Toro, Polanski et même Woody Allen et Blake Edwards comptent parmi les plus emblêmatiques personnalités qui croiseront son pinceau vigoureux pour construire leur propre légende.

 

- Nombre de petits formats lui ont piqué des éléments de tableau, voire des poses décalquées pour voler un peu de cet effet magique qui faisait si bien vendre du papier. Cliquez ici, vous saurez de quoi je veux parler. Il n'était pas que le peintre des gros barbares et des filles aux poitrines démesurées : il a trouvé une esthétique qui lui était propre, plaquée sur la toile avec une virtuosité et une force qui vous donnait cette impression unique d'avoir passé votre tête par une fenêtre ouverte sur un monde de fantasmes, de force, de beauté, d'horreur, jamais de gore, et parfois de tendresse dans un ballet magique alternant couleurs sombres et éclats lumineux, détails fins et tourbillon impressionniste.

 

Ces images au charisme unique, les illustrateurs des éditions ROA n'y ont pas été insensibles, comme en témoigne la couverture de BRUME qui suit :

 

couv-Brume5.jpg

 

J'ajoute maintenant l'original de la couverture de Brume, acquise en 2001. La version imprimée tire sur les rouge, couleur la plus sensible sur les machines offset de l'époque : On est bien loin du rendu des actuelles machines offset qui ont grandement amélioré la qualité d'impression ces dernières années.

 

couv-Brume-garous

 

 

Couverture semble-t-il très inspirée de Frank Frazetta et de sa touche magique. D'autres exemples de piquage de Frazetta, sur d'autres supports que le sujet de ce blog (jaquettes VHS, affiches ciné, cases BD, couv petits formats ou album BD et pochettes disques...), commencent déjà à fleurir à cette adresse. Le gars y explique comment il a été marqué, comme moi 30 ans avant lui, par le travail de Frazetta.

En ce qui me concerne ici, je me contenterai, au fur et à mesure de mes trouvailles, de traiter les cas d'emprunt concernant les seules éditions ROA. Une manière comme une autre de montrer son héritage, légitime ou pas, est aussi de traquer ces quelques pique-assiettes, vous ne pensez pas ?

 

Allez, je vous laisse, j'ai quelques collectors du maître à feuilleter.

 

A vendredi !

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Published by Alain Chevrel - dans MYSTERE (Duc de Brume)
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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 11:53

 

Zaïtchick-bandeau-

 

 

Le dilemne du titre est le suivant : mettre cette chronique sous la bannière "Courrier"... ou la bannière "Zaïtchick" ?

Je  publie en effet à nouveau un article de Zaïtchick (le porte-parole très actif de la BD popu/comics de la toile), concernant ... Zaïtchick (le supra-héros volcanique made in ROA auprès duquel le premier a emprunté son nom d'avatar) !

Au vu de son travail, il eût été insuffisant de réduire son envoi sous la bannière "Courrier"... Alors va pour une chronique Zaïtchick !

                                      Sur ce, je lui laisse la parole.

 

 

" J'ai retrouvé le Zaïtchick n°2.

La couverture met en scène l'équivalent kinguien d'Iron Man G-W-1 !

Création de John King, au scénario, et du dessinateur Gerry Wix (de son vrai nom Jérôme Wikes), la série met en scène le capitaine John Wiky (!) de l'US Air Force ; un astronaute émérite doublé d'un bricoleur de talent puisqu'il invente une armure de combat autonome destinée à protéger les astronautes en cas de débarquement sur des mondes hostiles.

Au début des années 70, le lectorat est encore fasciné par l'aventure spatiale... Hélas, le premier choc pétrolier vient déjà de sonner le glas des illusions sur des lendemains meilleurs. La science-fiction deviendra plus pessimiste et plus revendicative...

G-W-1 affronte les dangers de toutes sortes, aussi bien les savants fous, réminiscence de la 2e Guerre mondiale associée à la menace rouge (le diabolique professeur Fédor Nikolavitch Pogromoff et ses Nazis de l'Espace), que les envahisseurs extra-terrestres (c'est dans ces pages qu'apparaît pour la première un prototype du tyran galactique Ommor qui reviendra dans Le Survivant, oeuvre inachevée de King).

G-W-1 est clairement une copie-carbone d'Iron Man et il peinera à trouver son public. La preuve, la bande changera de titre à plusieurs reprises dans sa courte existence : L'Invulnérable G-W-1, puis le Mystérieux Gladiator-W-1 et, enfin, Captain G-W (sic !) Assurément pas la bande la plus inspirée de King, même si elle eut de bons moments."

 

 

 

Et je conclue cette chronique impromptue avec une version admirablement modernisée, tant au point de vue des teintes que des typo et signée Zaïtchick, de la fameuse couverture du deuxième numéro de la série éponyme...

 

couv-Zaïtchick2 

 

 

...Et l'original ci-dessous (signé "Frasoni"). Celui-ci s'était déjà lui-même probablement inspiré du numéro 1 de Iron-Man par Gene Colan (mai 1968).

 

 

couv-Zaitchick2.jpg

 

 

          A vendredi !

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Published by Alain Chevrel - dans ULTRA-HEROS (Cosmicman...)
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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:04

ROA-bandeau.jpg

 

 

 

   Ah, mes amis : comme je l'ai attendu, ce vendredi pour vous montrer mes dernières acquisitions !

 

Je vous l'avais annoncé à la fin de mon dernier billet, j'ai gagné (pour une misère) sur un site d'enchères en ligne... une poupée-mannequin de Günnar le Barbare, et cette fameuse poupée... nous sommes allés la chercher ma femme et moi ce mardi matin, jour de mon anniversaire !

 

Le type à qui je l'ai acheté, grand gaillard aux alentours de la soixantaine, la tient d'un stock de vieux jouets qu'il tenait lui-même de son père, commercial dans les années 50. Ce dernier alimentait les fêtes foraines de l'ouest avec des jouets invendus où déclassés.

Et là, je me revois à six ou sept ans, arpentant les travées de la fête foraine de la Saint Denis à Ploërmel, et les heures passées au stand de tir à la carabine où des jouets décoraient les pourtours colorés de slogans aguicheurs : " 3 sur 5 dans le cercle, et c'est gagné !"

 

- Qu'est-ce que j'ai pu en claquer de la mitraille, comptée à même la poche de mes culottes courtes pour jouer encore et encore ... jusqu'à ce que je la gagne, ma fichue poupée du Sergent Gâchette !

Et le jeu innocent devenait dans ma p'tite caboche, mission sacrée dont l'enjeu était pas moins que... l'issue de la guerre elle-même : les trois tirs au centre étaient trois méchants nazis que je devais dégommer coûte que coûte pour sauver la peau de mon sergent préféré, le tout avec seulement cinq balles dans ma carabine à plomb transformée du même coup en fusil Garand M1 !

 

poupée-günnar

 

L'acheteur était sans doute à la fois effrayé de voir un respectable sexagénaire faire quatre-vingt kilomètres avec sa femme pour une bête poupée dans sa boîte et déçu en même temps, au vu de mon état d'excitation, de ne pas avoir mis à plus de quatre euros, un objet que j'aurais à l'évidence acheté pour un montant dix fois plus élevé !

 

Le bonhomme a néanmoins répondu à mes questions avec gentillesse, même s'il n'a pas su m' en dire beaucoup sur la société morbihanaise qui a produit les poupées ROA. Basée à Pontivy, la société SOLUMO s'était brièvement lancé sur le marché du jouets au sortir de la guerre. Entre des sachets de soldats en plastoc vert et des kit animaux safari, ils avaient produit cette série de cinq personnages des éditions ROA : Günnar, Gâchette (jamais gagné), Panache, Skull et Jim Colt !  On peut imaginer que l'émergence de produits asiatiques a participé à la déroute de la société aux jouets, pourtant de très bonne facture.

 

Et pendant que je discutais avec le fils du marchand de jouets dans sa cave, ma femme (Rien que pour ça, je suis heureux de la réépouser) discerne parmi les jouets entassés à même la terre battue, une boîte estampillée d'un logo familier...

 

poupée-gâchette

 

Et voilà comment un deuxième miracle s'accomplit : la fameuse boîte du Sergent Gâchette, celui-là même que je n'avais jamais été fichu de gagner gosse, surgit tout à coup, un peu abîmée par l'humidité, de la colline des jouets comme d'un charnier de soldats oubliés !

Après essuyage fébrile du cercueil en carton, la poupée de John réapparaît en parfait état sous mes yeux de gosse !

 

 

           C'était mon anniversaire mardi : j'ai eu sept ans !

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans Les éditions
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 11:20

 courrier-bandeau

 

 

                                              Comme le dit l'adage : "Raison fait loi."

 

Zaïtchick (le chroniqueur fou) m'a envoyé le courrier suivant, en réaction à ma dernière chronique traitant de Zaïtchick, le héros de son enfance à qui il a emprunté son pseudo.

      Vous suivez ? - Je sais, c'est inquiétant.

 

- Notre petit président aurait-il lu Zaïtchick quand il était enfant ?

- BHL aurait-il découvert l'existence du philosophe Jean-Baptiste Botul dans les pages culturelles de Tamulah ?

 

Sur ses sujets comme sur bien d'autres, le vigilant Zaïtchick a sa propre idée.

 

 

Après lecture du commentaire, j 'ai décidé de le publier à l'intérieur même du blog, accompagné du scan ci-dessous, sous la bannière "Courrier", car non seulement il écrit bien (ma génération est sensible à la syntaxe et à toutes ces vieilles choses désuètes liées au respect de la langue française !), mais en plus il m'apprend des choses !

 Je publierai donc désormais ce type de contribution, chaque fois que j'estimerai qu'elle apporte de l'eau au moulin ROA.

 

                 Alors... A vos plumes, fans !

                                                                       Alain

 

 

 

  " Cher Alain,
Du Zaïtchick n°3, il ne me reste guère que quelques pages. J'ai néanmoins conservé l'épisode où Zaïtchick, alias Pierre Sarko, affronte l'homme aux mains d'acier, le terrible Docteur Strangegloves ! (Probablement inspiré du célèbre Doctor No de James Bond.)
Ici, Zaïtchick affronte le complice simiesque du docteur, l'imposant Kong (inspiré de... La planète des Singes ?) Il le défait en employant une formule qui fera florès des années plus tard.

 

          kong-01.jpg

Le dessin est l'œuvre d'un certain Lawrence Lee-Feuvre. Les auteurs maisons américanisaient leur nom pour donner un cachet "comic book" à leur travail, comme l'avait fait Melvin-Nash (Marcel Navarro, scénariste de Fantax), Molins (Felix Molinari, créateur de Super Boy) ou, plus tard, John Milton (Jean Mitton - créateur de Mikros)...
On notera que les premiers numéros de Zaïtchick sont en bichromie. En effet, les éditions Roa ont certainement voulu éviter le désagrément d'une interdiction comme celle qui frappa la revue Fantask des éditions Lug. Entre-autres choses, la Commission de censure avait reproché à l'éditeur lyonnais des "couleurs agressives". Un bien fallacieux prétexte pour torpiller une revue qui proposait des bandes de science-fiction étrangères. "

 

 

- Bravo à Zaïtchick -

  

 

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans Courrier (Prof Zaïtchick)
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 15:08

Zaïtchick-bandeau-

 

 

Ce doit être la bête association d'idées : éruption volcanique + professeur agressé + la promesse faite à l'un de nos plus fidèles lecteurs de ce blog, qui me fait choisir tout naturellement choisir la couverture de cette semaine :

 

Mars 1973 : sortie du premier numéro d'un nouveau bimestriel des éditions ROA :  Spécial Zaïtchick !

 

 

- Surfant sur le succès naissant de Strange et des héros Marvel qui y sont publiés depuis 4 ans par le cousin lyonnais LUG, John King contre-attaque en lui opposant son "journal des supra-héros".

Sortez vos trousses et écrivez. Ceci est un cas d'école de la copie conforme, jeu des "700 petites erreurs" poussé jusqu'à la caricature . Titre du cours : "Je n'ai pas d'idées en ce moment et je vais copier mon petit camarade sans vergogne".

 

Et le souci d'évocation du grand frère va du style de la peinture de la couverture (signé : Frasoni)  jusqu'au moindre code typographique, en passant par l'esthétique évoquant Strange jusque dans l'ombre portée de son titre. Vous l'aurez compris, ce bimestriel, au demeurant plutôt bien foutu, ferait passer les pires sous-copies de peluches Pokémon made in Laos du stand de tir d'une fête foraine de province, pour des oeuvres d'art originales.

 

Curieusement, il n'y a à ma connaissance jamais eu de mensuel Zaïtchick, et la première parution du "supra-héros" le verra directement gratifié d'un "Spécial". Comme un jeu entre les deux éditeurs (qui ont aussi en commun d'avoir tous deux connu leur heure de gloire avec du petit format "classique"), Lug proposera à son tour un titre 2 ans plus tard, reprenant la mention "Spécial", puisque "Spécial Strange" verra le jour en 1975.

 

 

couv-Zaitchick-copie-1.jpg 

Couverture du n° 8  de mai 1974 : Alors en résidence forcée dans le camp de l'armée de Coëtquidan, où j'accomplissais péniblement mon devoir national, je me rappelle avoir découvert cette série avec le numéro ci-dessus acheté à la gare pendant une permission. Vous comprendrez donc en lisant la suite pourquoi j'ai désormais regardé l'infirmerie de l'armée d'un autre oeil, en rentrant à la caserne le lundi suivant.

 

Un peu Hulk, un peu Pantherman, un peu Serval aussi (Wolverine ? Connais pas.), l'histoire présente les aventures de Pierre Sarko (je vous jure que je n'invente rien !), professeur de biologie binoclard timide. Lors d'un voyage scolaire où il accompagne ses élèves sur le versant d'un volcan d'Auvergne qu'il croit éteint, il sauve deux élèves imprudents qui s'étaient aventurés dans son cratère. Bien entendu, celui-ci explose, et le professeur blessé est amené dans le laboratoire d'un camp de l'armée toute proche. Là, il découvre qu'il a été exposé à de la lave radioactive. Il est alors soumis à tout un tas de traitements inquiétants par des docteurs aux airs de savants fous tous droit sortis d'une planche de Tardi. Outre son insensibilité au feu, Sarko découvre effrayé qu'il dispose désormais du pouvoir de projeter de la lave en fusion ! Mais inquiet par les réactions intéressées des généraux, il décide de leur cacher ses pouvoirs pour préserver sa vie.

  

 Mais une fois rentré chez lui, il est de nouveau harcelé par Karl Brun, un colonel plus perspicace que ses camarades : Le petit sketch de Sarko ne l'a pas convaincu, et il est bien décidé à faire des pouvoirs de ce dernier la propriété de l'Etat. Sarko décide alors de se cacher derrière le costume d'un justicier pour pouvoir faire justice sans être démasqué. 

 

Désormais, il portera les nuits où le faible sera menacé par le fort, le nom d'un démon païen du feu :

                                     Zaïtchick est né !

 

  Je n'ai en ma possession que trois autres numéros de Zaïtchick : n° 3 - 12  et 17 (dernier de la série). Si quelqu'un en a à revendre, voire juste en photo, je suis preneur !

 

Vendredi prochain, j'éspère que j'aurai reçu ma toute dernière acquisition faite sur le net : une poupée mannequin de...  "Günnar le Barbare", dans sa boîte d'origine des années 50 !

 

                                                 "Dépêche-toi, petit facteur..."

 

 

 

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Published by Alain Chevrel - dans ULTRA-HEROS (Cosmicman...)
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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 09:38

 

Saloon-bandeau

 

 

 

 ... Les durs bravent le temps ".

 

C'est la phrase des durs à cuire. Ceux qui ne craignent pas de se prendre une grêlée de balles... ou un volcan qui dégueule sur leur paletot couleur cendres. Même pas peur. Pareil que Josey Wales. Hier soir, sur France 3, le cow-boy joué par Eastwood hirsute a craché à nouveau ses quinze chiques sur un clébard galeux qui le suit partout en grognant. "- On est au dessus de ça."

 

Alors quand un volcan explose en Islande, et crache ses cendres, le cow-boy essuie ses épaules d'un geste aveugle, et avance, foulard sur le nez à un trot soutenu. Nous, tout pareil. On bloque les avions, et on serre les dents. On ne râle pas. A part peut-être sur TF1. Alors que dans les autres JT, on fait contre mauvaise fortune bon coeur : "C'est comme ça." - "La nature nous rappelle que nous ne sommes pas grand chose." Dans les journaux télévisés de la première chaîne, on râle. On grogne. On n'est pas content!

 

 

couv-saloon2.jpg

  

Pourtant, pas de syndicats Sud ou CGT derrière tout ça. Pas de grêve de ces "feignants de la RATP qui nous empêchent d'aller bosser pour payer leurs congés."

Rien de tout ça. Juste des vacances supplémentaires pas prévues, imposées par la nature, et dont on pourra parler plus tard à ses enfants "A la fin du séminaire de la boîte, j'ai passé une semaine de plus à New-York en touriste."

Alors pourquoi toujours autant de colère de la part des voyageurs interrogés sur cette chaîne ? "J'en peux plus, je vais tout casser ! " Peut-être qu'on y a un peu plus qu'ailleurs l'habitude de chercher un coupable et de lui toujours lui mettre sur le dos ses aigreurs. Un bon vieux réflexe national fédérateur en ces temps de crise.

 

Alors... T'as fait quoi pendant une semaine à New-York ? Tu t'es baladé, tu as visité le Guggenheim et traîné le soir dans les clubs de Brooklyn... Trop dur !

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:57

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Dur dur de se concentrer, quand vous êtes un grand garçon attardé de 63 ans, et que vous voudriez parler d'une bande dessinée de guerre, de cow-boy ou de viking... et que votre femme (je vous ai déjà parlé de ma femme?) vous en empêche.

En effet, elle "squatte"  internet depuis ce matin, avec des recherches de salle en vue de fêter nos 40 ans de mariage l'an prochain. Suivant ma légendaire réputation de courage face à l'extrême, j'ai fini par céder à ses ambitions de remariage princier, pour ne pas faire attendre plus longtemps les hordes déchaînées de fans des éditions ROA qui n'attendent que de se rincer l'oeil avec la couv du vendredi.

 

Le problème, c'est qu'avec ses histoires de brunch, location de salle, fleurs et autre caisses de champagne Mouët & Chambon, toute vélléité masculine aux parfums de testostérone s'est envolé de moi pour aujourd'hui, et il ne me reste plus comme idée de chronique hebdomadaire qu'une couv du titre "Elise", avec un protrait inspiré d'une jeune starlette alors très en vogue : Romy Schneider.

 

 

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Et pourquoi CETTE couverture de décembre 1965 ?... Et bien peut-être parce que c'est le titre qui est paru le mois où j'ai rencontré ma femme. Nous, hommes, ne sommes pas grand chose.

Et dire que dans 40 ans nous remettrons ça !

 

 

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Qui Suis-Je ?

  • Alain Chevrel
  • né en 1947 (début officiel de la guerre froide, et de la fameuse affaire Roswell), je suis un enfant de l'histoire et de l'imaginaire.
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